Article France Football

7 avril 2015 - 13:07

Ce que FAMF veut...

A l'ombre de l'OM, qui a créé sa section féminine en 2011, le FAMF (Football Association Marseille Féminin) tente de se faire une place.

«Nous vivons assez bien la différence médiatique avec l'OM, mais parfois, c'est dur.» Claude Cocchi, présidente du Football Association Marseille Féminin (FA Marseille Féminin), est une femme de caractère à la verve chantante et au franc-parler légendaire. À la tête du club depuis deux ans, la patronne a même porté le maillot de l'Olympique de Marseille durant les années 80 ! Car, au contraire de l'humoriste local Bengous, le football féminin phocéen sait très bien où il va… et d’où il vient. En 1970, la section féminine du Celtic de Beaumont voit le jour, puis change de nom pour devenir le Celtic de Marseille, une section exclusivement féminine.

Finalement, ce club du XIIe arrondissement ne prendra son appellation actuelle, le FA Marseille, qu’en 2010. En effet, de l’aveu même de Claude Cocchi, «il était plus judicieux de changer de dénomination à la suite de l’affaire de la gare Saint-Charles». Un moyen d’oublier que, le 4 mars 2007, la rencontre entre le Celtic et Saint-Maur, formation du Val-de-Marne, avait tourné au pugilat. Outre les sanctions individuelles, le club marseillais était alors rayé de la carte de la D2 jusqu'en 2008. Une cicatrice toujours ouverte.

Mais aujourd’hui, avec 126 licenciées, le FA Marseille a bien rebondi au point de devenir un club stable, articulé autour d'une école de foot, des U15, des U18, une DH et une D2. Et quand en 2010, les dirigeants de l'Olympique de Marseille réfléchissent à ouvrir une section féminine, ils contactent tout naturellement leurs voisines, mais se heurtent à un refus. «Il y a eu des discussions, confirme la présidente. Leur idée, c'était de prendre la D2 et de laisser tout le reste. Pourquoi aurions-nous cédé un droit sportif pour une catégorie ?» Un choix que Claude Cocchi affirme ne pas regretter. Et ce d’autant plus que, malgré des divergences tant au niveau des moyens et des objectifs respectifs, les deux équipes fréquentent le même groupe en D2.

Anigo au FA Marseille

(D.R)

(D.R) Clin d’œil de la petite histoire marseillaise, l'OM et le FA ont tous deux compté dans leurs rangs des membres d’une famille bien connue dans le milieu du ballon rond phocéen : les Anigo. José, bien sûr, côté Olympique, et Madeleine, la nièce de l’ancien minot, côté FA. Cette jeune milieu de terrain née en 1998 a rejoint le club de Claude Cocchi en 2009 après avoir évolué à Consolat et à Endoume. Et la présidente du FA de confier que la joueuse n’a jamais profité de son patronyme pour bénéficier de passe-droits. Mais, bien évidemment quand on se nomme Anigo, intégrer les rangs de l’OM apparaît comme une évidence, surtout quand on affiche des qualités prometteuses au point d’intégrer le pôle Espoirs de Vaulx-en-Velin. C’est chose faite en 2013. «Le départ de Madeleine n'était pas spécialement prévu. Mais quand on porte ce nom, rejoindre l'OM était naturel

L'OM, puissance encombrante

Et, si vivre à l’ombre de l’Olympique de Marseille peut être frustrant, cela peut également entraîner des quiproquos. Ainsi, pour beaucoup, à Marseille, il n’y a qu’un club : l’OM. «Il y a trois ans, nous nous battions pour les barrages. Nous devions aller dans le Gers. Or, le club en face pensait que c'était l'Olympique de Marseille. La rumeur avait fait le tour de la ville, ça devait être une fête et tout. Sauf que surprise, c'est le FA Marseille. La déception», en rigole encore la présidente. Les coups de fil s'enchaînent, avec toujours la même question au bout du fil : «Vous êtes l'OM ? Autre exemple, la folie qui s’empare des gens lors des détections. Je reçois un nombre important de SMS. Je réponds à tous. En revanche, je n’ai jamais d'appel de sponsors.» La prochaine bataille de Claude Cocchi et du FA Marseille est donc d’exister face à l'OM et sans une «Anigo» dans ses rangs. «La dernière fois, nous avions gagné contre Nîmes et les Olympiennes avaient perdu contre Claix. La presse a parlé de la défaite des dernières et pas de notre victoire», regrette la dirigeante phocéenne.

Pis, la ville de Marseille, tout comme le supporter lambda, omet même l'existence même du club : «La mairie a invité les filles de l'OM pour leur montée. Il y a deux ans, nous étions dans la même situation. Nous n'avions reçu aucune lettre. Moi, je voulais juste un remerciement.» Sur le plan des infrastructures, la guerre est déjà perdue. Tandis que les joueuses de l'OM s'entraînent au centre Robert-Louis-Dreyfus, le FA Marseille est ballotté de stade en stade. Dans le passé, la présidente et son club ont même subi menaces et intimidations : «On a déménagé dans le XIIIe afin de prétendre à un terrain homologué pour la D2. Nous avions les créneaux demandés. Par la suite, des clubs se sont greffés. Et là, le FC Bocage a fait le forcing. Des menaces verbales, du chantage. Ils ont même affiché des banderoles sur lesquelles j'étais surnommée la maquerelle.» Les Marseillaises décampent et s'installent à la Fourragère dans le XIIe arrondissement, à seulement quelques minutes du siège du club. Enfin une victoire. Néanmoins, les habitudes ne changent pas. Les déplacements se font souvent dans la journée. Pas de mise au vert, mais un car qui roule bien. De toute manière, le FA Marseille craint dégun.

Charles Chevillard   Source : France Football

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